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Presse |
La gazette du Maroc du 10 avril 2009 |
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Microfinance : Instaurer des gardes fous pour un meilleur développement
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Comparé à la microfinance dans le monde, le Maroc se targuait d'un taux de remboursement élevé. Alors que des difficultés de recouvrement apparaissent, des moyens de sécurité pourraient être mis en place. |
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Le secteur de la microfinance a connu un véritable succès au Maroc. Depuis 2007, cette croissance exponentielle a montré ses premiers signes de faiblesse. Limités, les signes d'une croissance très rapide et parfois non maîtrisée ainsi que l'absence de règles ont fait leurs apparitions. Si à ses débuts, le pays connaissait un taux de remboursement de 98%, il est passé à 94% en 2008. Le président de la Fédération nationale des associations de microcrédit a tenu à minimiser ces chiffres, il n'en existe pas moins des raisons pour expliquer cette dégradation des remboursements. Avec une croissance à deux chiffres, les institutions de microfinancement (IMF) se sont multipliées, parfois trop nombreuses dans une même zone. Le besoin de croissance, la réduction des charges et l'atteinte de la taille critique, ont mené ces agences à se développer en zone rurale. Si pour certaines, la mission rurale est la première motivation, d'autres cherchent simplement à gagner de nouveaux clients. Il faut aussi prendre en compte que le montant des encours a plus que triplé, multipliant les risques d'impayés, passant de 280 dollars en 2004 à 600 dollars (selon une étude de Planet Finance) en 2007. Quant au produit, il est passé d'un faible montant à plusieurs personnes, le prêt solidaire, au même produit dont une seule personne bénéficie. |
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Une gestion des risques d'impayés |
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A l'image de ce qui s'est passé pour les sociétés de financements, il faut créer une cellule de gestion des risques. Un code déontologique a été mis en place, le Système d'Aide à l'Appréciation du Risque (SAAR) qui contribue efficacement à la lutte contre le surendettement. Selon Mostapha Melsa, délégué général de l'Association des professionnels des sociétés de financements, «il a fallu limiter les risques de croisements de crédits». Un problème que connaît le secteur de la microfinance. Au 31 décembre 2008, le nombre de bénéficiaires de microcrédit au Maroc était de 1,250 millions soit une diminution de près de 100.000 bénéficiaires par rapport à 2007. Cette diminution est liée aux efforts entrepris par la Fnam pour éviter le croisement des crédits. Tout comme le précise Mohamed Maarouf, directeur exécutif de Planet finance, «l'absence d'une centrale de gestion de risque permet les débordements». Selon cet ONG, la proportion des clients ayant des prêts croisés s'établit à 40%. Le président de la Fnam affirme que le secteur est capable de supporter 10 % d'impayés. Cependant, le portefeuille à risque est passé de 0,5% en 2004 à 5 % en 2008 pour approcher les 400 millions de dirhams aujourd'hui. Certes, le secteur est encore jeune, mais un cadre légal viendrait asseoir une meilleure gestion de ce type de services. D'ailleurs, ce secteur a une longue vie au Maroc, notamment par le biais du monde rural. Si les IMF sont principalement développés en zones urbaines, le milieu rural a un fort besoin de ce type de financement. Sur les 1.400.000 clients, le monde rural ne compte que 400.000 bénéficiaires. |
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